Quand l’héritage creuse les inégalités

Ces évolutions de structure rendent probable l’avènement d’une société moins méritocratique, où le montant de l’héritage reçu joue un rôle croissant dans la détermination du niveau de vie des personnes. Simultanément, la transmission du patrimoine s’opère de plus en plus tard, du fait de l’allongement de l’espérance de vie. Dans ce contexte, les outils de redistribution que sont l’impôt sur le revenu et la fiscalité des transmissions parviennent mal à réduire l’inégalité entre héritiers et non-héritiers, et à favoriser la transmission du patrimoine à des générations plus jeunes.
Une réflexion d’ensemble sur notre système fiscal en matière de successions et de donations – dont l’architecture date d’environ un siècle – est aujourd’hui nécessaire. Deux objectifs pourraient être assignés à une réforme : premièrement, limiter la perpétuation des inégalités d’une génération à la suivante ; deuxièmement, inciter à des transmissions plus précoces vers les jeunes. La question d’un patrimoine de départ minimum pourrait également être posée, si l’on veut favoriser l’inclusion des non-héritiers dans une société patrimoniale.


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